Qui sont les anges ?

Ça faisait déjà 2 semaines que je me sentais tout chose, une sensation difficile à identifier, à qualifier. Je ne vibrais plus de cette joie qui avait fait éruption dans ma vie et qui comblait maintenant mon quotidien. Tout semblait bien aller en apparence, alors pourquoi cet arrière goût, cette impression d’avoir resserré le goulot de l’expression de mon être, d’avoir muselé mon âme …
Ces choses là, il ne faut pas les forcer, tout se remettra en place naturellement, me dis-je, comme pour tenter de me persuader moi même. Mon discours intérieur était un fabuleux mélange d’optimisme, d’hypocrisie et d’impatience. Je voulais me retrouver, ressentir de nouveau cet amour et cette paix intérieure qui me réchauffaient, me nourrissaient et m’animaient tant.
Comment m’étais-je perdu ? C’était ça la vraie question. Une deuxième s’en suivit presque immédiatement, me faisant m’interroger, non plus comme je pouvais le faire auparavant, sur le pourquoi, mais sur le pour-quoi. Il y avait assurément une raison, un mystère caché, donc une réponse, un cadeau, un enseignement.
Se nourrir d’amour, de vie, c’est une chose, mais avant de récolter et festoyer, il faut semer. Je savais que j’avais légèrement procrastiné ces derniers temps et que les choses commençaient à s’entasser. Je faisais maintenant face à mes monticules de bonnes actions, mes petites envies de bien-être, mes inspirations, et tout ça devenait un fatras inutile, stérile, épuisant et encombrant ma conscience.
Je fermai les yeux et tirai un post-it de la pile – prête à s’effondrer et à s’abattre sur moi – une pensée mise de côté en attendant le moment adéquat. À ma stupeur, la montagne ne vacilla pas, elle tenait en équilibre, immobile, malgré la structure plutôt rocambolesque …
Ça y est ! Je m’étais lancé. J’avais fait cette toute petite chose parmi toutes ces choses, j’avais donné une petite tape dans le dos à mon flegme qui, s’était installé sans prévenir et sans me laisser le moindre souvenir de son insidieuse invasion.
Étrange …
Je me sentis de nouveau béât, de nouveau contemplatif du monde qui m’entourait, de nouveau capable de tout faire, de tout donner, de tout accepter, de tout changer, de tout traduire en et par l’amour … je me sentis de nouveau léger, je me sentis … pousser des ailes …

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