Pardonne moi

Pardonne moi

Tu retiens une vielle image de moi, une chimère, un étrange souvenir
Tu fais planer sur mon renouveau une ombre du passé
Je ne suis déjà plus celui que j’étais il y a un instant
Je suis encore moins celui que j’étais ce matin, hier, autrefois

En me privant du pardon tu fais de ton esprit un lieu de bagne et de sentence
Tu ne le sais peut être pas mais tu m’accompagnes et nous gardes tous deux prisonniers
De l’autre coté des barreaux tu dois t’assurer que ma sentence perdure
Le geôlier ne doit-il pas surveiller à la fois son reclus et sa geôle ?

Tu ne me libères pas de mes prétendues fautes passées, tu m’affubles d’un poids, de supposés péchés
Tu as prononcé ton jugement et sembles affirmer qu’il existe une loi, décrétée uniquement pour moi
Tu redoubles d’efforts pour me rendre différent mais je suis avant tout un homme parmi les hommes
Puis-je vraiment être seul face à ton dictât, seul à pouvoir fauter, me tromper ?

Une loi peut-elle ne concerner qu’un d’entre nous ?
Ne dit-on pas d’ailleurs que l’erreur est humaine ?
Si tu ne pardonnes pas, est-il légitime que l’on te pardonne en retour ?
Si tu condamnes, ne sous entends-tu pas que tu es toi même condamnable, d’ores et déjà condamné ?

A quoi cela sert-il de nous garder tous deux enchaînés ?
Quand sera venu le temps de relâcher cette funeste étreinte ?
As-tu vraiment envie de perpétuer cette cruelle tradition soi-disant humaine ?
Ne ressens-tu pas l’envie d’offrir le pardon au monde, de briser nos chaines ?

Tu sens cette curieuse et timide brise de bonté qui t’effleures, c’est ton désir de pardonner
Ne laisse pas cette douce pensée s’en aller, ne t’abandonnes pas au châtiment, à la damnation
Accepte donc cette première intention, cet instinct, le mouvement réflexe de ton cœur
Laisse parler l’évidence, la vérité en toi, à la fois ta substance et ta source, le sens avant, pendant et au delà de toute chose

N’aies pas doute, d’appréhension, n’écoutes pas ces fausses impressions, tu ne peux pas échouer
Ce que tu entreprends est complètement étranger à l’échec, au pire tu nous fais la plus belle offrande au mieux tu nous libères
Sers toi de moi, fais nous ce cadeau, je peux et je veux être ton premier mais aussi ton dernier cobaye
Je ne craindrais pas tes tentatives et tes expériences car je saurai voir la noblesse, la raison, la pureté de ton geste

Toi mon ami, mon frère, reflet de moi-même …

Sans le pardon tu vivras dans la solitude et n’auras pas accès à la force de tes frères
Sans le pardon tu ne connaîtras pas l’unité mais une incessante opposition
Sans le pardon nous n’arrêterons pas de nous quereller, nous punir, nous entre-tuer
Sans le pardon nous ferons de la vie un lieu de tristesse, de mort et de peur

Par le pardon tu déféras aisément nos chaines, tu déposeras gaiement les armes
Par le pardon tu comprendras que seules la beauté et la joie doivent nous faire verser des larmes
Par le pardon tu te souviendras que nous cherchons la même chose, que nous sommes semblables
Par le pardon tu feras l’expérience de ta vraie nature : l’Éternité, l’Illimité, l’Amour véritable

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