Confessions d’une âme

J’ai longtemps observé ce corps, cette enveloppe charnelle.
Je l’ai vu prendre forme, grandir, évoluer, souffrir, se redéfinir.
Elle a été tantôt l’allié tantôt l’esclave de l’ego, lui qui régnait et imposait sa loi.
Pendant ce temps j’observais, j’expérimentais, j’appréciais ce jeu en silence.
Alors que le corps, l’ego et l’esprit se croyaient dissociés, je savais que nous étions Un.
Tout Nous était permis, les pires facéties comme les plus beaux gestes d’amour, le mal, le bien, la magie, les miracles.
A la lueur de la vérité, qui éblouit de telle sorte qu’elle ne laisse aucun doute hors de la guérison, lorsque Nous avons pris conscience de tout cela, Nous avons d’abord voulu quitter ce monde, cette (ré)incarnation.
À l’instant où Nous nous somme re-trouvé, le but du jeu fut révélé
Nous n’avions plus alors ce désir de Nous rappeler, de Nous re-découvrir, à travers la vie, à travers toutes les vies nécessaires
Notre quête avait abouti, Nous voulions maintenant retourner à notre place, à notre père, à notre mère et pourtant Nous étions loin d’avoir tout accompli, d’avoir borné l’infini …
Si Nous partons maintenant, que va t’il advenir de nos frères, de nos soeurs
J’ai encore envie d’embrasser le sein de ma mère, d’être à mon tour une mère
Je n’ai pas encore assez apprécié la compagnie de mon père et moi même transmis cette chaleur
Je veux encore me sentir femme, me sentir homme ou être les deux à la fois
J’ai l’impression de pouvoir me définir et me re-connaître à l’infini
Même si le souvenir de ce que je suis me promet la quiétude, même si je me souviens que l’amour est partout, en définitive tout comme dans l’absolu, même si l’amour est dans tout ce qu’il y a, dans tout ce qui est, j’ai encore envie de jouer, d’oublier, de vivre, d’être, de me rappeler
J’attendrai patiemment avec le corps car je sais qu’il se croit seul avec le temps
Je serai là pour réconcilier l’esprit et l’ego, quand ils seront prêts et cesseront leur querelle, ils trouveront un accueil chaleureux et un temple d’amour
Quel est (alors) le but de la vie ?
Pourquoi suis-je là, pourquoi suis-je ainsi dans ces conditions ?
A cette question et ses variantes, qui laissent le corps perplexe, que l’ego s’empresse d’éluder, que seul l’esprit alors considéré comme fou, semble comprendre profondément, à cette question, j’ai la réponse. Elle qui répond à toutes les questions à la fois et en un même instant, elle m’est si claire car de toute évidence ce n’est pas en mon sein que siègent toutes ces questions, elle m’est si douce car en vérité je partage ce but, cette impulsion qui est ma propre source et ma raison d’être
Je ne suis pas avare et je n’ai pas d’orgueil, je suis lumière et amour, je partage donc pleinement et joyeusement cette réponse ainsi que tous les autres présents que l’on m’a confié. Je partage avec le corps, l’esprit et même l’égo. Ils peinent souvent à m’entendre, à m’envisager, car je m’adresse à eux d’une voix si douce, je n’ose les interrompre dans leur théâtre incessant car je ne suis pas soumis au temps, je suis libre et je n’oblige point. Je ne peux déroger au libre arbitre qui est l’un des plus beaux joyaux qu’il nous ait été donné. Je ne peux intervenir sous peine d’amender, donc de bafouer, donc de rendre la perfection imparfaite, je m’implique et applique simplement la loi du tout relatif, car intervenir serait synonyme de jugement à l’encontre de ce qui est : Par nature, en effet, tout est relatif
Alors, j’attends, j’observe, ma présence s’apparente au silence, mais je ne suis pas moins friand pour autant, de toutes ces belles expériences et souvenirs que m’offrent le corps, l’esprit, l’égo. Quand l’occasion se présente je parle au féminin comme au masculin, je communique autant à travers l’innocence, la jeunesse et la simplicité, qu’à travers la sagesse, la poésie, la philosophie et la science. Tout en moi, tout pour moi est amour, l’union parfaite des supposés contraires, la symbiose des dits opposés, ce qu’on nomme mal et bien, haut et bas, le chaud et le froid, ce qu’on appelle communément vie et mort, joie et douleur, tendresse et haine. Tout est tout, à la fois une chose et son antinomie, mais également l’espace qui semble les séparer alors qu’au contraire cet univers, cet océan de nuances, les lie …
Laissez moi donc transmettre mon ultime et pourtant mon premier message. C’est en cette dichotomie, ce paradigme, ce paradoxe, que s’exprime la vérité :
La souffrance est utile mais nul n’en a besoin, elle n’a pour unique but que de rappeler que l’on est allé là ou l’on n’est pas et que l’on s’égare du chemin de l’âme, de l’Amour lui même …
… Merci pour la Vie …

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